L’agro-business, poison de l’Humanité ?

A propos du droit à l’alimentation

L’Organisation des Nations Unies a reconnu officiellement pour la première fois le droit à une nourriture adéquate dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948, comme partie intégrante du droit à un niveau de vie suffisant.

L’Article 25 de la Déclaration Universelle énonce que :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

Ce droit est en outre reconnu dans l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui est un instrument contraignant pour tous les états qui l’ont ratifié. 

En 1999, le droit à l’alimentation a été interprété par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels dans l’Observation générale 12, selon laquelle : « Le droit à une nourriture suffisante est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec d’autres, a physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante ou aux moyens de se la procurer. »

Pour Olivier De Schutter, ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation (2008- 2014) le droit à l’alimentation adéquat est « Le droit à un accès régulier, permanent et non restrictif, soit directement soit en l’achetant, à une quantité de nourriture suffisante et d’une qualité adéquate, correspondant aux traditions culturelles du peuple auquel le consommateur appartient, qui lui permet de profiter sans crainte d’une vie physique et mentale, individuelle et collective, épanouissante et digne. »

Je ne suis pas certain que même dans les pays dits « développés », ces termes du droit à l’alimentation de « qualité adéquate » soient mis en application ; ils sont malheureusement terriblement absents en de nombreux pays du Monde… La prédominance des produits poisons vendus partout et à tous moments représente l’aboutissement de la remarquable chaîne de valeurs tant vantée par les agro-business, certaines coopérations, les banques, les gouvernements  mafieux ou collabos et, par certains côtés, la FAO elle-même. Voir le dossier RDC- Les parcs agro-industriels en RDC ? Une arnaque !

Mais, l’argument souvent avancé est que, sans l’agriculture industrielle dite « conventionnelle », associée aux industries alimentaires, le Monde ne mangerait pas à sa fin, avec une nourriture à des prix accessibles au plus grand nombre… Vraiment ? Avec l’agro-business, la chaîne des valeurs, le libre-échange, …, la faim dans le Monde pourra disparaître. Waow!

Et puis, au profit de qui ? Ben, les profits des entreprises, pardon, des actionnaires : le coût social et environnemental sont à charge des Etats, c’est leur problème pas celui des entreprises. C’est simple.

Par ailleurs, la FAO a créé une division de plus pour travailler sur les droits à l’alimentation Food and Agriculture Organization, ce qui la place dans une position paradoxale, puisqu’elle soutient aussi les lobbies de l’alimentation poison : lire l’article RDC – PAI – Les complices – FAO

Matière spéculative


L’agriculture est devenue une matière spéculative boursière et n’a plus de vocation à nourrir.




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Le maïs est un aliment de base important dans le Monde, mais… cultivé industriellement, il est surtout « OGM – Organisme Génétiquement Modifié » utilisé pour nourrir le bétail dont le rendement alimentaire est faible et l’impact écologique négatif énorme !  

Le maïs est avant tout un produit financier hautement spéculatif, bien loin d’une quelconque préoccupation de souveraineté alimentaire et de droit à l’alimentation, puisqu’il se vend et s’achète sur le marché de l’économie virtuelle, la bourse casino !  Lire la suite…

Le trafic de la mal bouffe

Outre le trafic de l’agro-business lié à l’argent, depuis des années toujours pour des questions de profits, les « affaires » liées au trafic de la mal bouffe font la une des médias, surtout empoisonnent la vie des consommateurs qui en sont victimes.

Rappelez-vous :

Peut-on encore manger sainement ? Oui, c’est possible, heureusement ! De plus en plus de personnes décident de faire un autre choix de consommation, pas uniquement alimentaire d’ailleurs ; le marché de l’agriculture biologique se développe. Mais il faut être attentif à ce que les produits ne soient pas « que bio » (sans produits chimiques) mais bio au sens humain du terme, respectueux des personnes qui les produisent et de leur environnement avec des circuits courts de vente.

Dans le documentaire « Les récoltes de la honte » à découvrir en Partie 2, les industries agroalimentaires mettent en avant leur engagement éthique quant au respect des personnes et de l’environnement, ils leur assurent un travail et une rémunération décente, etc. Voici ce qui est affiché sur le site Agribusiness Trade summit 2017 :

Our Belief – Crop production technologies are fundamental to reducing worldwide poverty, increasing national prosperity and securing regional food production. Notre croyance – Les technologies de l’agriculture sont essentielles pour réduire la pauvreté dans le Monde, accroître la prospérité nationale et garantir la production alimentaire régionale.

Notre objectif – Fournir l’accès à des technologies de production efficient, efficaces et abordables pour les détaillants, les agriculteurs et les communautés qu’ils desservent. Le Trade Summit se développe grâce à sa capacité à introduire une diversité de fabricants d’intrants agricoles dans des distributeurs dans le pays et sert de lieu où des idées et des relations peuvent progresser pour favoriser la durabilité des entreprises agricoles.

Réduire la pauvreté dans le Monde et favoriser la durabilité des entreprises agricoles ! Waow ! A voir le désastre de l’agriculture européenne et particulièrement française, ils ne « manquent pas d’air » pour affirmer cela. Et en plus, ils nous offrent des produits de la plus haute qualité ! Si si, ils nous l’assurent, la main sur le cœur

Vraiment ? Alors pourquoi le ministère français de l’agriculture et de l’alimentation organise-t-il en 2017, les Etats généraux de l’alimentation pour aborder les problèmes générés par l’industrialisation de l’agriculture selon le modèle capitaliste ? 4 commentaires :

  • Pour l’agronome Marc Dufumier, Famine au Sud et malbouffe au Nord – 2012, notre modèle agricole productiviste est à bout de souffle : notre agriculture industrielle est en crise. Celle-ci concerne plus particulièrement nos filières de production « bas de gamme » (poulets de chair de 40 jours, charcuterie non labellisée, poudre de lait, viandes rouges, céréales, etc.). Lire l’article Le Monde.fr
  • Pour UFC que choisir, le consommateur est le bouc émissaire de la malbouffe : en matière de déséquilibres alimentaires, la responsabilité de l’industrie agro-alimentaire et de son marketing sont scandaleusement passés sous silence, ces problèmes étant abordés sous l’angle de la responsabilité des consommateurs. C’est l’application du principe sacré de l’offre et de la demande du système libéral : il appartient au consommateur de faire ses choix. OK mais quand une grande part de l’offre est de l’aliment poison et/ou de la tromperie manifeste, cela ne serait pas de la responsabilité de l’industriel !
  • CETRI – Les dynamiques d’expansion de l’agrobusiness au Sud 2012 – Extraits : L’agrobusiness : une solution au problème de la faim ? Le message véhiculé est limpide, les arguments souvent martelés, le refrain répété à l’envi depuis des années déjà. … Le monde serait au bord de la limite de ses potentialités productives face à une demande sans cesse croissante. Et seul l’agrobusiness, avec ses modes de production intensifs et ses technologies de pointe, serait à même de repousser ces limites et d’éviter ainsi un drame alimentaire que ces mêmes cassandres prédisent comme inéluctable.
  • Lire aussi RDC – PAI – L’arnaque du discours

Les quelques enquêtes vidéos reprises en Partie 2 mettent en doute les assertions positives des tenants de l’agriculture industrielle… Vous allez découvrir que suite aux dérives de l’économie casino, l’agro-business n’est pas si « sauveur » du Monde quant à l’accès à une alimentation qui nourrit !

Attention, ces documents n’engagent que leurs auteurs.


Les secrets du marketing alimentaire

2014 – 7 min

Cliquez sur l’option sous-titres de You Tube pour la traduction française.

Kate Cooper, marketing assistant to Food Industry explique dans le documentaire ci-dessus, comment les industriels de l’alimentaire nous font acheter ce qu’ils veulent nous vendre.

Les 3 principes de la vente :

  1. Tout le monde croit ce qui est écrit sur l’étiquette
  2. Mettre l’accent sur le progrès et,
  3. le 3ème principe, le plus important : c’est nous ! 

Le pouvoir de l’ignorance volontaire est démesuré !

« Nous ne voulons pas savoir d’où, comment, avec quoi, avec qui, etc. tous ces produits sont fabriqués et que nous achetons ! »

Il en va souvent de même en politique.

Parcs Agro-Industriels : une suite d’articles consacrés à l’arnaque politique et économique des tenants de l’agrobusiness poison. Ils relèvent les zones d’ombre et les manipulations du discours basés sur ce principe du « ne pas vouloir savoir ».

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