Banro – Twangiza – Bassins de résidus, une bombe à retardement ? Partie 1

Twangiza



Le site de Twangiza possède 1 barage qualifié de « bassin de gestion des résidus », le TMF1A. Ce bassin semble avoir atteint sa capacité de réception. Les résidus paraissent être déversés directement dans la rivière de l'autre versant ?



Les bassins contenant les résidus issus de la récupération d’or sont la partie sensible de la gestion des composés chimiques résiduels, comme le cyanure à acide faible dissociable WAD et les acides de drainage minier DMA - ARD.

Qu'en est-il de sa résistance aux séismes, nombreux dans la région ?

Le site de Twangiza possède 1 barrage qualifié de « bassin de gestion des résidus », le TMF1A. Un deuxième, le TMF1 devait être construit dans la vallée d’à côté après que le premier ait été comblé, initialement prévu fin 2017. 

Les bassins contenant les résidus issus de la récupération d’or sont la partie sensible de la gestion des composés chimiques résiduels, comme le cyanure à acide faible dissociable WAD et les acides de drainage minier DMA - ARD.

Pour Twangiza, même s’il est affirmé que le bassin est étanche, des eaux d’exhaure, les eaux qui suintent du sol, peuvent apparaître surtout lorsque la mine sera fermée et qu’il n’y aura plus aucun contrôle ni traitement des boues et eaux du bassin…

Sans traitement, le rejet de ces eaux dans le milieu naturel peut engendrer des pollutions importantes, il est donc nécessaire de mettre en place des traitements adaptés à chaque cas.

Comme d'habitude avec Banro (il n'est pas le seul dans ce cas), beaucoup de questions sans réponse :

  • Publication de l’EIE - Etude d'Impact Environnemental et des autres documents légaux ?
  • Comment ces bassins sont-ils construits, gérés et suivis au niveau de l’état physique des barrages (perméabilité, fatigue, affaissement, séisme,…).
  • Qu’en est-il de la gestion de l’eau issue des boues résiduelles, de l’eau des précipitations, etc. et, après la fermeture du site ?
  • Quels sont les procédures de suivis sur la concentration en cyanure et autres métaux ?
  • Quels sont les correctifs apportés si le degré de pollution est supérieur aux normes admises ?
  • Où sont les rapports de surveillance ?
  • Existe-t-il un fond de réhabilitation du site (géré par qui ?) dont le montant est basé sur la réalité des besoins ?

L’installation de Twangiza est construite pour résister à une activité sismique d’une intensité de 7 sur l’échelle de Mercalli. Les barrages contenant les résidus aussi ? Est-ce suffisant 7 ?

C’est quoi l’échelle de Mercalli ? Quelle différence avec l’échelle de Richter qui mesure la magnitude de la secousse?

Quelques abréviations :

  • TMF - Tailing Management Facility = Installation de gestion des résidus
  • TSF - Tailing Storage Facility = Installation de stockage de résidus
  • TDF - Tailing Dam Facility = Bassin de retenue des résidus
  • AMD - Acid Mine Drainage = Acid and Metalliferous Drainage = ARD - Acid Rock Drainage = DMA - Drainage Minier Acide
  • WAD  - Weak Acid Dissociable = cyanure à acide faible dissociable (cyanure dissociable par des acides faibles  Termiumplus.ca)

Les barrages TMF1A et TMF1

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Conception des installations de traitement et installation de gestion des résidus à Twangiza

La mine de Twangiza a été construite pour répondre aux exigences internationales en matière de gestion de l’environnement.

Tout particulièrement, l’installation de lixiviation au carbone est conçue en fonction des normes de l’International Cyanide Management Institute - ICMI, qui comprennent la détoxification des décharges d’effluents dans l’installation de gestion des résidus. Après la sédimentation, l’eau surnageant est recyclée et retournée dans l’installation.

L’installation a été construite pour résister à une activité sismique d’une magnitude (Ndlr : intensité) de 7 sur l’échelle modifiée de Mercalli.

Les leçons tirées sur le chantier de la mine de Twangiza sont maintenant appliquées sur le chantier de développement de la mine de Namoya.

NDLR : le terme magnitude utilisé dans le rapport est une erreur : Mercalli définit une échelle d’intensité du séisme à la surface de la Terre et non, sa puissance à la source du séisme exprimée en magnitude (Echelle de Richter).

TMF1A - Comblé

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Le stockage des résidus était prévu jusqu'à la fin octobre 2017. Le bassin semble être rempli. Aujourd'hui fin 2019, où sont stockés les résidus ?

TMF1 - Situation 2020 : où peut bien se cacher le barrage TMF1 ?

Deuxième bassin, en projet : TMF1

Situé dans la vallée adjacente, TMF1 sera construit tout au long de la durée de vie de la mine

Hauteur de barrage : 70 m pour atteindre une capacité de 22,80 Mt (20,56 Mm3) pendant les saisons sèches de 2023 et 2024 à une altitude de 2005 m.

Option de surélévation du barrage à 110 m pour stocker des réserves supplémentaires potentielles, ce qui porterait la capacité finale de résidus à 65 Mt pour TMF1.

TMF1 : situation approximative prévue

Situation Google maps

Situation Google Earth maps

Le barrage TMF1 semble avoir été comblé, en tous cas selon les prévisions d’origine, fin 2017.

Au vu de l’image (source Google), il semble que Banro n’a pas construit le 2ème barrage de résidus, le TMF1. Cela voudrait dire qu’en 2019, toutes les boues seraient déversées dans la rivière Ulindi ?

Quand Banro affirme respecter ses engagements, vous savez, respect, transparence, etc… cela semble être de l’enfumage !

En attendant, les activités de Banro à Twangiza continue en toute discrétion, ce qui lui laisse toute liberté de faire n’importe quoi, ici, polluer !

Extraits de l'étude SRK Consulting Ltd - 150729

18.8.3 Capacité de stockage et durée de vie

Page 150 et suivantes :

  • Durée de vie d’exploitation = 15,4 ans (Ndlr Durée plus longue si poursuite en sous-sol)
  • 2 TMF (TMF = Tailing Management Facility = Installation de gestion des résidus)
  • Le coût total pour la construction des TMF1A et TMF1 est d'environ 76,6 millions USD.

Premier bassin déjà construit : TMF1A

  • Situé en dessous des installations, l’exploitation de TMF1A sera arrêtée lorsqu’elle atteindra une altitude de 2.060,9 m
  • Fin de construction : mi 2016
  • Stockage des résidus jusqu'à la fin octobre 2017
  • Capacité de 8,18 Mt - Million de tonnes (7,37 Mm3 - Millions de M3)

A défaut d’informations fournies par Banro, la construction semble être du type « barrage à masque », constitué de recharge d’enrochements.

18.8.9 Travaux de construction de TMF

Page 153 - 154 :

On a supposé qu'en moyenne 10 m de matériau doivent être enlevés sous la fondation du mur, qui doit être remplacé par un remblai compacté approprié. D'autres hypothèses incluent : 

  • Largeur de la crête de 40m. L'Annexe XIV du Règlement minier de la RDC exige une largeur de crête supérieure à H / 5 + 3 m. Cela se traduit par une largeur de crête d'environ 11,0 m pour le mur de départ de 2 ans, augmentant à 17,0 m pour le LOM (Life Of Mine – Durée de vie de la mine). 

Cependant, cela poserait des problèmes de construction sans installation spécialisée, ce qui a permis d'ajouter un tampon de 30 m de large plus un drain de sable et un rideau d'argile imperméable, donnant une largeur provisoire de 40 m. 

Ceci a un impact significatif sur les volumes des murs et une revue des techniques de construction est nécessaire car des économies importantes sont possibles. 

  • Le remblai sera principalement obtenu à partir de déchets miniers mélangés à des matériaux d'emprunt dans un rayon de 1,5 km afin de s'assurer que la teneur en eau de remplissage convient au compactage.

Le calcul des coûts d'exploitation exclut : 

  • La garniture du bassin de TMF ou toute autre mesure d'atténuation de l'ARD (Ndlr Acid Rock Drainage – Drainage Minier Acide). La qualité de l'eau est surveillée quotidiennement et le TMF1A ne semble pas eu d'impact sur les eaux souterraines locales. La présence d'une importante tête artésienne / sous-artésienne sous-jacente au bassin de TMF assure un degré de protection vis-à-vis de la qualité des eaux souterraines. 
  • Usine de désintoxication - À ce jour, sur TMF1A, la désintoxication réalisée ex-processus s'est avérée adéquate pour contrôler la qualité de l'eau. 
  • Le pipeline de livraison des résidus de l'usine au bassin du TMF1. 
  • Le système de pompage des résidus et de l'eau de retour (bâtiments flottants, pompes, moteurs et toutes les mécaniques associées et les conduites d'eau de retour). Il est prévu que l'infrastructure déjà en place pour TMF1A continuera à fonctionner à TMF1 minimisant les travaux supplémentaires. 
  • Un rideau de mortier est requis sous la base du mur. Un rideau de mortier n'était pas nécessaire pour TMF1A et il est peu probable qu'il soit requis pour TMF1. 
  • Routes d'accès. Presque toutes les routes d'accès nécessaires sont déjà en place. La maintenance devrait être le principal coût.

Stabilité physique des bassins de résidus

La stabilité physique de ces ouvrages est l’enjeu principal à cause des accidents (ruptures de digues ou débordements) qui menacent la qualité des eaux des rivières, la vie sauvage, les personnes et leurs biens.

Les caractéristiques chimiques de ces déchets (mobilité des métaux et d’autres réactifs présents) sont souvent sources de problèmes. Le challenge pour les mineurs est de concevoir, construire et gérer des ouvrages de stockage de telle manière qu’ils restent stables et sécurisant dans le futur.

Une nouvelle approche dans le stockage des résidus consiste à épaissir les résidus grâce à une séparation solide/liquides plus ou moins poussée qui aboutit à des résidus avec une très faible humidité résiduelle. De ce fait les résidus sont stables et les digues bordières des parcs sont de taille beaucoup plus modeste. Les risques de fuites dans le milieu naturel et de ruptures des digues s’en trouvent considérablement diminués.

De plus la réhabilitation d’un parc à résidus conventionnel n’est pas facile car il faut un temps de consolidation de plusieurs années avant de pouvoir accéder avec des engins dans les parcs. Dans le cas de résidus épaissis il est plus aisé de procéder à une réhabilitation progressive durant la vie de la mine.