RDC – Plan National d’Investissement Agricole-PNIA

Avertissements : les chiffres peuvent variés de manière très sensible d’une source à l’autre / Tous les articles « www.primature.cd » ont été retirés du site de la primature par le ou les successeurs de Matata Ponyo ! D'autres sites web de la République peuvent être désactivés ou supprimés, preuve de la haute considération des ir-responsables politiques quant à l'importance de l'information citoyenne. Les sources ont été maintenues pour mémoire.


La RDC en quelques chiffres :

Mai 2013 - Plan National d’Investissement Agricole - PNIA 2013-2020

Matata Ponyo, Premier ministre du 9/05/2012 au 14/11/2016, est formel : « L’agriculture doit pouvoir d’ici cinq ans propulser la RDC dans la sphère des économies émergentes. ...  Le PNIA est le cadre national de planification des fonds internes et extérieurs pour le secteur de l’agriculture et du développement rural.»  

Le gouvernement congolais veut renforcer l’agriculture afin de permettre au citoyen d’accéder à des denrées alimentaires à des prix acceptables.  

Avertissement.  Comme ni le site de la Primature, encore moins le site du Ministère de l’Agriculture et du Développement rural devenu en mai 2015, Ministère de l’Agriculture, Elevage et Pêche (et pour autant que leurs sites web soient actifs...)  ne disposent de l’information structurée sous forme de dossiers PNIA, il faut s’en référer à la presse pour découvrir certaines informations.  Du coup, d’un article à l’autre, les données peuvent être différentes.

Par contre, j’ai trouvé un projet de PNIA 2013-2020 - Février 2013 PDF, le dernier (?) avant validation... 

PNIA - 3.1. Justification et objectifs du PNIA – Page 21

Les différentes analyses économiques concernant les options stratégiques de croissance agricole et de réduction de la pauvreté permettent ont permis d’établir trois constats majeurs :

A. En plus de sa contribution directe à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’accroissement du secteur agricole est plus efficace en matière de réduction de la pauvreté que l’accroissement dans les secteurs non-agricoles.

B. Compte tenu de la structure du PIB agricole par sous-secteur, la croissance du sous-secteur vivrier est plus efficace dans la réduction de la pauvreté que les autres sous-secteurs pris individuellement. Toutefois, les stratégies sous-sectorielles seront moins efficaces qu’une stratégie impliquant tout le secteur.

C. Une croissance additionnelle à la fois dans le secteur agricole et dans les secteurs non-agricoles aura un impact plus marqué sur la réduction de la pauvreté et les femmes en seront les principales bénéficiaires.

Ces constats démontrent également que des stratégies isolées seraient peu efficaces pour l’atteinte les objectifs de développement prioritaires, qui sont la réduction de la pauvreté, le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la génération d’emplois et de revenus.

Seule une stratégie globale orientée sur la croissance des secteurs agricoles et non-agricoles, s’appuyant sur le développement des chaines de valeur au sein de chaque filière, est susceptible de réaliser les résultats escomptés d’ici l’horizon 2020.C’est la raison pour laquelle le PNIA est de portée globale et les programmes qui en découlent sont en interrelation et convergent tous vers le même objectif.

Il couvre tous les sous-secteurs des productions végétales, animales et halieutiques. Conçu sur l’approche de développement des chaines de valeurs, le PNIA prend en compte les aspects relatifs au développement de l’agri-business, à la transformation, à la mise en marché, à l’accès durable aux ressources productives, et à la sécurité alimentaire sous l’angle de la disponibilité des produitsalimentaires, de la stabilité de l’approvisionnement en denrées alimentaires et de leur utilisation suivant les normes nutritionnelles requises.

Le PNIA intègre aussi la fluidité des échanges, à travers l’amélioration des conditions de transport, la facilitation de l’accès au crédit rural et au renforcement de la sécurisation foncière.

Les garanties de succès seront assurées par la prise en compte des questions transversales comme le renforcement institutionnel des acteurs publics, privés et de la société civile, l’amélioration de la gouvernance ainsi que la recherche et le conseil-agricole.

Le PNIA intègre dans les programmes les principes clés de la dimension genre, environnementale et sociale, pour assurer une utilisation durable et équitable des ressources du pays. Enfin, les spécificités provinciales seront prises en considération et le PNIA sera décliné sous forme de Plans Provinciaux d’Investissement Agricole (PPIA), par les différents acteurs provinciaux.

Situation des potentialités agricoles en RDC, en résumé :

  • Plus de 80 millions d’hectares de terres arables, dont 4 millions sont irrigables
  • Diversité climatique et approvisionnement en eau naturelle abondante permet deux saisons annuelles de récolte et offre la possibilité de développer une grande variété de cultures.
  • Ressources pastorales susceptibles de supporter environ 40 millions de bovins et des ressources halieutiques des eaux intérieures pour environ 700.000 tonnes de pêches marines et intérieures annuelles.

Bien que 70% de la population soit impliqué dans l’agriculture, la majorité est engagée dans l’agriculture de subsistance et les niveaux de production actuels sont incapables de freiner la malnutrition et l’insécurité alimentaire.

Quelques insuffisances du système de production actuel (selon le gouvernement)

  • Absence d’un système intégré pour lier « la porte de la ferme à celle du consommateur » ;
  • Infrastructures de base inexistantes et services limités aux fermiers ;
  • Industries alimentaires concentrées autour de Kinshasa ;
  • Incapacité à exploiter un marché en pleine croissance, aussi bien à l’intérieur qu’au niveau international ;
  • Manque de coordination autour des chaînes de valeur ;
  • Des millions de fermiers ne sont pas connectés à l’industrie agro-industrie.

Option du gouvernement :  la croissance du secteur agricole améliore directement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et contribue de façon plus efficace à la réduction de la pauvreté.

Objectifs triples :

  1. Réduire la pauvreté,
  2. Assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations congolaises,
  3. Générer durablement des emplois et des revenus.  

5 mars 2015. Les triples objectifs sont formulés autrement :

  1. Sortir les populations de l’insécurité alimentaire
  2. Faire du développement des filières agricoles et agro-industrielles l’un des principaux piliers de la croissance économique
  3. Atteindre le premier Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) fixé par l’ONU d’ici à 2025, à savoir la réduction pour moitié de la pauvreté.  

Le coût total sur une période de 8 ans, 2013 – 2020 – 5 programmes :

Recherche d’investisseurs : La réunion de financement des 7 et 8 novembre 2013 vise un double objectif : permettre aux investisseurs de prendre une part active au développement de l’agriculture congolaise et permettre au gouvernement de trouver 64,3 % des fonds nécessaires à la mise en œuvre du PNIA, soit 3,68 milliard USD, pour venir compléter les 2,04 milliards déjà provisionnés


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Les « 2,04 milliards déjà provisionnés » doivent provenir de prêts extérieurs. Selon Le Potentiel en juin 2014 : « A ce jour, le gouvernement et ses partenaires techniques ont déjà contribué à hauteur de 2 milliards 46 millions 600 mille dollars américains, soit 35,7% du montant global.  Le fonds qui reste à pourvoir est de l’ordre de 3 milliards 684 millions de dollars américains (environ 64,3% du budget total) de ce plan agricole »

Ce qui veut dire en clair que les Banque mondiale, BAD, etc. qualifiés de « partenaires techniques » financeront 35% de ce projet (2,46 milliards US$ !), augmentant d’autant la dette de la RDC vis à vis de l’extérieur ?

La solution ? Les PAI ! Une stratégie audacieuse, vraiment ?


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La pierre angulaire du PNIA est le développement progressif d’une vingtaine de parcs agro-industriels sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares à travers le pays.

Les PAI Bukanga-Lonzo, Domaine agro-industriel et présidentiel de la N’sele – DAIPN, Kitoko, Uvira,  vous connaissez ?

Selon Alliance Agricongo, ces parcs peuvent être de 1.000 à 150.000 ha  CREAC PAI PDF



Selon le document du ministère de l’agriculture et du développement rural « Les parcs agro-industriels PDF », il s’agit d’une stratégie audacieuse et intégrée pour libérer la croissance et faire face à l’insécurité alimentaire en RDC et ailleurs… 

« La RDC importe actuellement la majorité de ses produits alimentaires et la plupart des gens n’ont pas les moyens de se nourrir ni de nourrir leurs familles.  En offrant une variété de produits alimentaires à des prix abordables, les parcs agro-industriels vont créer un système efficace de production alimentaire qui permettra à la majorité des congolais d’avoir accès à une alimentation équilibrée.

Les parcs agro-industriels vont non seulement permettre à la RDC de satisfaire les besoins de consommation intérieure, mais aussi de devenir un important exportateur de produits alimentaires. »

Les grandes lignes du concept de « Parc Agro-Industriel – PAI » s’articulent autour de trois principales composantes :

  1. Le développement de fermes commerciales
  2. L’appui aux petits fermiers vivant dans la périphérie des sites sélectionnés
  3. Le développement des coopératives agricoles à haute intensité de capital, technologie et main d’œuvre.

Plus spécifiquement, les PAIs seront des parcs de production regroupant divers acteurs agricoles (professionnels, paysans…), exploitant des parcelles d’importance variable, mais mutualisant les infrastructures de base (routes, eau, énergie, télécommunications, etc.), les services de proximités (finance, laboratoire de contrôle de la qualité, services de transport, de maintenance et de gestion des déchets, entrepôts frigorifiques etc.), les savoirs et les bonnes pratiques agricoles (formation, recherche, encadrement et transfert de technologie), etc. Banque Mondiale

Parcs Agro-Industriels – Caractéristiques :

  • Système basé sur une agriculture irriguée ;
  • Agriculture basée sur la demande plutôt qu’agriculture de subsistance ;
  • Création d’emplois ruraux non agricoles
  • Intégration de la chaîne d’approvisionnement pour établir des liens efficients entre les agriculteurs et le marché permettant un écoulement efficace des produits
  • Meilleure présentation des potentiels et opportunités d’investissement dans l’agriculture et l’agro-industrie ;
  • Développement des foyers régionaux de croissance
  • Réduire les disparités régionales
  • Développer un système intégré de production agro-alimentaire

    La réussite du projet Partenariat Public Privé repose sur l’attractivité économique du projet industriel sur le plan des avantages et facilités accordées - offert par l’Etat. Les incitations fiscales et douanières :

    Le gouvernement de la RDC s'est engagé à travailler avec les investisseurs pour mettre en place des partenariats gagnant-gagnant offrant à la fois un retour sur investissement important et des avantages socio-économiques pour le pays. 

    • Les intrants agricoles importés exclusivement pour des activités agricoles sont exemptés de droits de douane et de taxes à l'importation
    • Les produits agricoles sont exemptés de droits de douane et de taxes à l'exportation
    • Les zones développées et non développées utilisées exclusivement pour l'agriculture sont exonérées des taxes foncières
    • Tous les véhicules utilisés exclusivement pour l'agriculture sont exemptés de taxe
    • Accès aux services communs: production d'électricité, réseau de distribution d'eau, réseau de stockage frigorifique, installations de stockage, fourniture d'engrais, etc.
    • Modèle transparent et durable : cadre d'investissement et chaînes de valeur conformes aux normes internationales les plus strictes
    • Accès à des financements complémentaires auprès de banques de développement, de donateurs et de fondations Opportunités dans les cultures arables et l'élevage

    Le document de base produit par MINAGRI en 2014, reprend aussi :

    • Les redevances et les honoraires perçus pour les services rendus par les agences aux postes frontaliers ne peuvent pas dépasser 0,25% de la valeur des exportations.
    • Les concessions bâties et non-bâties utilisées exclusivement pour l’agriculture sont exonérés de l’impôt foncier. PAI Une stratégie audacieuse PDF

    Pour ce projet, avec l'implication des ministères concernés, des structures étatiques sont créées et privées engagées : 

    Cadre institutionnel des parcs agro industriels

    Les parcs agro -industriels est une initiative qui implique plusieurs ministères sectoriels, y compris les ministères des Finances, de l'Agriculture, des Affaires Foncières, de l'Economie et de l'Industrie. (Ndlr. Le site web de l'Agriculture est souvent inaccessible et scandaleusement pauvre en informations utiles à toutes personnes qui s'intéressent à l'alimentation. Sites web de l'Economie et de l'industrie ?...)

    SOPAGRI - Société de parcs agro-industriels - Objectifs : Assurer la durabilité, l’efficacité et la transparence de ce plan agro-industriel - La SOPAGRI chargée de gérer les sites identifiés et les parcs mis en production, est conçue sur la forme d’un Partenariat public privé (PPP) composé d’institutions multilatérales, d’investisseurs privés et de l’État congolais.

    ACTA - Agence congolaise de transformation agricole - Objectifs : Pendant que le projet se développe, la gestion de l’initiative sera transférée à l’ACTA, institution inter-agences en charge de superviser les activités de la SOPAGRI - société des parcs agro-industriels, et de coordonner les activités des ministères concernés, des intervenants et des partenaires au développement.

    MOZFOOD & ENERGY Ltd, société enregistrée en Afrique du Sud (Ndlr Inconnue en Afrique du Sud mais une société existe au Mozambique), engagée par le gouvernement - Objectifs : Identification des sites potentiels de parcs agro-industriels, pour mener des diagnostics préliminaires à travers la RDC : analyse des sols, disponibilité des ressources suffisantes en eau et potentiel avéré de production agricole. MOZFOOD a également développé des plans d’affaires indicatifs pour chaque site. Ces plans d’affaires comprennent les besoins en infrastructures détaillés, les infrastructures de transformation, le stockage, le marketing et les circuits de distribution.

    Marché international de Kinshasa (Investissement de 95 millions de dollars sur fond propre RDC) dans le site de la Zone économique spéciale (ZES) dans la commune de Maluku sur un espace de 7 hectares au sein des 15 hectares lui alloués. Gestion mixte Africom Commodities et Etat. 

    Les Partenaires financiers, Bailleurs et Groupe de pression – Lobby 

    Banque Mondiale Dans le cadre du plan d’aide de 1,250 milliards de dollars pour la région des Grands Lacs, la Banque mondiale s’est engagée à accorder un financement de plus de 100 millions pour le secteur agricole des pays de la région dont la RDC. Elle participe déjà à hauteur de 110 millions de dollars au Projet de développement des pôles de croissance à l’Ouest initié parle gouvernement de Matata Ponyo Mapon. Autre info sur l'engagement de la BM pour la promotion de l'agro business : Récapitulatif des actions menées par le Groupe de la Banque mondiale 150701

    Les représentations économiques internationales.

    Beltradecongo.com

    European Marketing Research Centre - emrc L’AgriBusiness Forum est une plate-forme d’affaires internationale organisée dans le but de contribuer au développement durable du secteur agro-alimentaire en Afrique. Lancé en Europe au début des années 2000, il a été organisé dans un certain nombre de villes européennes, les deux dernières éditions basées en Europe furent organisée en collaboration avec la FAO à Rome.

    En collaboration avec nos membres et partenaires, nous avons alors décidé de déplacer le forum de façon permanente en Afrique, le président Museveni partenaire du Forum AgriBusiness 2010 a déclaré avec justesse : « Si nous parlons d’agro-industrie, l’Afrique est le bon endroit. »

    Nous croyons que le succès de l'Afrique repose sur le développement et la croissance de son secteur privé et que le secteur de l'agro-industrie africaine a un énorme potentiel de croissance.

    C’est la plate-forme idéale pour discuter et présenter des projets et des modèles d’affaires prospères. Cette année, le Forum abordera le thème : « Vers une Croissance Inclusive : Une Nouvelle Vision pour la Transformation Agricole en Afrique ». Le Forum s’est tenu à Kinshasa du 22 au 25 mars 2015.

    Fonds international de développement agricole (FIDA - IFAD) Le FIDA et ses partenaires mobilisent plus de 100 millions de dollars USD pour appuyer l’approvisionnement de Kinshasa en produits maraîchers et vivriers, dans le cadre d’un nouveau programme. Le PAPAKIN (Programme d’Appui aux Pôles d’Approvisionnement de Kinshasa en Produits Vivriers et Maraîchers) veut contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des paysans producteurs. La durée du Programme est de 10 ans, répartie en 2 phases.

    IFC – International Finance Corporation, membre du Groupe de la Banque Mondiale, IFC est la plus importante institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé.

    IITA - Offrir un partenariat de recherche de premier plan qui facilite les solutions agricoles à la faim, à la pauvreté et à la dégradation des ressources naturelles dans toute l'Afrique subsaharienne. La mission de l'IITA est d'assurer la sécurité alimentaire de certaines des personnes les plus pauvres du monde et de leur fournir des stratégies viables qui créent de véritables des résultats à long terme pour le développement économique et la stabilité des collectivités, tout en construisant un avenir écologiquement sain qui tient compte des enjeux du changement climatique. À l'IITA, nous nous engageons à atténuer ces problèmes et à travailler pour transformer l'agriculture en Afrique.

    IITA est financé par Bill & Melinda Gates Foundation, fondation largement critiquée pour son implication dans la promotion des semences OGM via Monsanto, une des Cie les plus détestées au Monde !  Trends - 13 sociétés les plus détestées dans le monde & African Center for Biodiversity, par l’USDA - U.S. Department of Agriculture principal et la Banque mondiale qui subventionnent ou financent l’agribusiness et donc les produits OGM. Il est clair que la tendance des actions menées par l’IITA sera conditionnée par ces « partenaires » qui attendent un « retour sur investissement » !

    PNUD - 23 mars 2015 : Le PNUD est présent aujourd’hui pour réitérer son engagement constant, aux cotes du Gouvernement et des partenaires, pour promouvoir l’agrobusiness et  le développement durable en RDC. Sur cette base, mon premier message est le suivant : Pour gagner le combat contre la pauvreté et la faim, il faut favoriser l’accès aux marchés et à la valeur ajoutée des productions agricoles par le développement de l’agrobusiness. En termes concrets, cela passe par la mise en place de politiques favorables ; et l’encadrement des paysans à l’amélioration de leur production et au développement de modèles d’affaires susceptibles de valoriser cette production sur le marché.

    Tous les articles consacrés aux Parcs Agro-Industriels